1er mai
2011
D’Iran à nos camarades
révolutionnaires du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord.
Les peuples de Tunisie, d’Égypte, de Syrie, de Palestine… sont aussi nos peuples! Les réactionnaires et les impérialistes nous ont imposé des frontières artificielles, mais l’exploitation et l’oppression dont nous sommes tous victimes ont uni nos cœurs d’un même battement.
Lorsque les misérables de la terre - les esclaves, les paysans, les travailleurs, les femmes et tous ceux qui sont opprimés- se redressent et lèvent leur regard jusqu’à l’émancipation qui se trouve à l’horizon, un nouveau chapitre de l’histoire commence - un chapitre où ceux-ci ne sont plus des victimes sans voix et sans visages, mais bien les acteurs primordiaux de l’époque.
À une époque où le système
capital-impérialiste et ses incarnations dans différents pays semblent éternels
et où la possibilité d’un monde différent se voile à notre regard, les luttes
des peuples de Tunisie et d’Égypte ont ouvert un nouveau chapitre de l’histoire
et ont accroché des sourires aux visages des exploités et des opprimés partout
à travers la planète. Les soulèvements de ces peuples ont pourfendu le
désespoir ainsi que l’idée selon laquelle le statut quo opprimant et suffocant
de ces pays était éternel. Lorsque les protestations verbales d’hier sont
devenues des révoltes pleines d’une colère justifiée et que les cliques
dirigeantes corrompues ont chuté dans la disgrâce, une nouvelle étape excitante
du processus de développement du Moyen-Orient a commencé. Quand ces peuples se
sont puissamment mobilisés afin de prendre en main leur destin, ils ont donné
de l’espoir et un sentiment que tout était possible à tous les opprimés de
Mohammed Bu Aziz a été l’étincelle créant l’explosion dont l’onde de choc a été ressentie au Bahreïn, au Yémen, en Jordanie, en Algérie, en Syrie… explosion qui a dévasté les régimes satellites de l’impérialisme dans le monde arabe et qui a amené des millions de personnes à participer à la vie politique, permettant ainsi l’éclosion de leur potentiel extraordinaire.
Les communistes ont, plus que tous les autres, accueilli les bras ouverts cette éclosion. De l’autre côté, l’éruption de ces volcans populaires a frappé au cœur les états réactionnaires de la région, de même que ceux de l’Europe et des impérialistes américains qui considèrent cette région comme la clé de leur domination mondiale. Ils font d’ailleurs de leur mieux pour domestiquer ces soulèvements.
Les révoltes des peuples de Tunisie et d’Égypte ont inspiré des centaines de milliers de jeunes et de vieux en Iran et ont induit un sentiment d’amitié et l’idée selon laquelle ils partagent le même sort que les peuples de ces pays. Ces soulèvements ont contribué à affaiblir les idées anti-arabes, idées chauvines et putrescentes ayant été créées et popularisées sous le régime du Shah et encore aujourd’hui sous le régime islamiste. Les gens dans les rues de Tunisie et d’Égypte qui chantaient « al shab yorid esghat-al-nizam » (Le peuple veut la chute du système) ont rappelé à la jeunesse militante et courageuse de Téhéran que le programme et les buts réactionnaires du « Mouvement Vert » - réformer le système et faire revivre l’ère de Khomeiny - doivent être mis à l’écart. Les protestations militantes du peuple de Téhéran et d’autres régions iraniennes, le 14 février 2011, qui ont entonné « Ben Ali, puis Moubarak et maintenant Seid Ali » (le nom de Khamenei) ont sans aucun doute été inspirées et ont constitué un écho aux révoltes tunisienne et égyptienne.
Durant ces conjonctures si inspirantes, les masses populaires ont appris que les opprimées - qu’ils soient iraniens, arabes, africains, asiatiques, européens, sont de la même race, de même que les ennemis. Nous, communistes révolutionnaires d’Iran, saluons les peuples de Tunisie, d’Égypte, de Syrie et de partout ailleurs qui se sont levés afin de mettre fin à l’oppression et à l’exploitation. Nous sommes fiers d’eux et nous valorisons grandement ce que ces soulèvements ont jusqu’ici accompli.
La lutte pour accomplir une véritable révolution vient tout juste de commencer. Ben Ali et Moubarak n’étaient que de simples têtes dirigeantes. Leur régime tenait les rênes de la machinerie étatique. Et leur état protège un système socioéconomique exploiteur et oppressif. Le peuple s’est dressé afin de renverser ce vieux système et il a accompli de grandes choses. Cependant, le chemin s’annonce tortueux, parce que ce vieux système est toujours dominant et n’a pas été éliminé. De grandes opportunités s’offrent pour ceux qui veulent un monde différent, mais de graves dangers menacent ces soulèvements populaires.
La question est donc :
quel est ce chemin et de quoi sera-t-il pave ? Une répétition de l’amère
défaite de la révolution iranienne n’est assurément pas inéluctable. Les leçons
tirées de l’échec de cette révolution peuvent être d’une grande valeur pour les
combattants du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Lorsque la révolution
iranienne a été vaincue, une des rares possibilités de transformation
révolutionnaire de l’Iran et du Moyen-Orient a été perdue. Armons-nous donc de
l’unité internationale et prévenons une répétition d’une telle défaite sous de
nouveaux habits. Que les peuples de
La défaite de la
révolution en Iran
En 1979 en Iran, des
millions de travailleurs, de paysans, d’étudiants et de membres de nationalités
opprimées se sont soulevés et ont renversé le régime du Shah, régime qui avait
été le produit d’un coup d’état fomenté par
Quand la société iranienne a explosé, différentes factions et mouvements politiques ont joint la mêlée afin de mettre de l’avant leur agenda et de contrôler le futur du peuple iranien. Parmi eux, il y avait les fondamentalistes islamistes qui avaient déjà été complices du coup d’état Shah-CIA de 1953. Les puissances impérialistes se sont également impliquées avec l’énergie du désespoir afin d’empêcher un renversement complet de la classe à la solde de l’impérialisme et du système capitaliste en Iran. Pour ce faire, elles se sont alliées aux fondamentalistes islamistes. Elles ont ouvert la voie à la prise du pouvoir par Khomeiny et ses cohortes et alliés afin de pouvoir transformer, avec leur aide, la révolution en contre-révolution. Sous les ordres des États-Unis, l’armée du Shah a ainsi transféré sa loyauté à Khomeini et à son entourage. Pétris d’illusions, les masses ont naïvement accueilli les chars d’assaut et les soldats avec des fleurs. Le changement du slogan populaire « Liberté-Indépendance » en « Liberté-Indépendance-République Islamique » a signalé le début d’une catastrophe, mais le peuple n’en a pas immédiatement pris conscience.
Après la chute du régime
du Shah, l’alliance des fondamentalistes islamistes menée par Khomeini a
restructuré l’ancien despotisme en un nouveau despotisme religieux. Ils ont,
dans ce processus, reçu l’aide des partis bourgeois s’étant opposé au régime du
Shah. Au référendum organisé par la nouvelle alliance dirigeante, une majorité
du peuple a voté « oui » à l’avènement de
Plusieurs semaines après l’accession de Khomeiny au trône de la monarchie islamique, celui-ci a monté une attaque contre les droits des femmes et a promulgué la directive rendant le port du hijab obligatoire. Cet assaut flagrant a été le premier coup porté contre les illusions du peuple. Il est devenu clair - à tout le moins aux yeux des femmes iraniennes rebelles - que ce qui avait été porté au pouvoir n’était pas une révolution, mais bien une contre-révolution malfaisante. Khomeiny a ensuite ordonné la suppression sanglante du mouvement des populations arabes du Khuzestân (dans le sud de l’Iran). L’armée et le corps des Pasdaran ont attaqué les paysans qui s’étaient soulevés pour obtenir des terres et, plus tard, les membres de nationalités opprimées qui demandaient l’égalité nationale dans des endroits comme le Turkuman, le Sahara et le Kurdistan. Les gangs du Hezbollah et les forces de sécurité ont assailli les conseils de travailleurs, les associations de paysans, les organisations étudiantes, les conseils d’infirmières et de travailleurs hospitaliers, les professeurs et les enseignants des écoles et des universités etc. La plupart de ces organes de masse s’étaient organisés durant la mobilisation et l’organisation visant à renverser le régime du Shah et plusieurs d’entre eux étaient menés par des communistes révolutionnaires qui étaient clandestinement revenus d’exil et orchestraient depuis les luttes révolutionnaires et l’autonomisation des masses prolétaires, paysannes et populaires de la société. Une lutte intense commençait entre la révolution et la contre-révolution.
Ces démêlées avaient lieu
à l’intérieur d’un cadre mondial plus large et englobant. À l’époque où le
peuple iranien se soulevait pour renverser le régime du Shah et ses maîtres
américains, la contre-révolution assurait chaque jour davantage son emprise sur
le monde. Les mouvements sociaux occidentaux refluaient et les mouvements
anticolonialistes et nationalistes de l’Afrique et de l’Asie qui avaient obtenu
plusieurs succès sous un leadership bourgeois avaient misérablement échoué à
produire de « meilleures » sociétés. Dans la majorité de ces
mouvements, les forces communistes étaient marginales. Dans plusieurs cas,
elles s’étaient dissoutes dans des fronts menés par des forces bourgeoises ou
elles avaient été massacrées par des forces islamistes ou nationalistes ou par
les impérialistes eux-mêmes (par exemple, les centaines de milliers de
communistes tués en Indonésie lors d’opérations conjointement menées par
Un autre facteur
international qui a rendu la situation très défavorable aux communistes
révolutionnaires a été la mort de Mao Tse Tong en 1976 et le rétablissement
subséquent du capitalisme en Chine socialiste. Cet événement a été la pire
défaite pour la révolution mondiale. Un grand pays populeux qui était
auparavant un fondement de la révolution prolétarienne mondiale est devenu un
pilier du système capitaliste.
En plus de la situation défavorable, les forces communistes en Iran ont également joué un rôle négatif - elles ont échoué à proposer un programme national unifié pour renverser et détruire l’ancien état et établir un nouvel état à l’aide d’un programme de révolution sociale. La majorité des communistes se sont rebattus sur le développement spontané du mouvement ouvrier et sa transformation en révolution socialiste. Mais la révolution n’est pas une affaire spontanée. Et si elles sont laissées à la spontanéité, les forces organisées des classes réactionnaires vont sûrement accaparer le leadership des masses et imposer leur programme sociopolitique. Les forces communistes n’ont pas pris au sérieux le caractère théocratique du nouveau régime et ont même ignoré la rébellion des femmes contre celui-ci - une révolte contre la directive rendant obligatoire le port du hijab donné par Khomeiny, révolte qui a duré du 8 au 13 mars 1979. Le caractère théocratique de l’état avait objectivement augmenté l’importance de la lutte idéologique et d’une critique radicale de la religion. Mais les forces communistes iraniennes se sont détournées de ces tâches, pensant que la clé pour se débarrasser des influences idéologiques du régime islamiste était d’accentuer les « problèmes économiques » et espérer que suite à « l’aggravation de la situation économique », les travailleurs allaient faire la grève et mener une insurrection.
Le résultat de cette
conception a été une ligne purement économiste qui a entièrement concentré
l’attention des travailleurs sur les problèmes « immédiats ». Mais le
fait demeurait que, suite à l’établissement de
Par ailleurs, un grand
schisme est apparu quant à la nature de l’opposition entre
Ces facteurs objectifs et
subjectifs se sont trouvés réunis et ils ont ouvert la voie à la mainmise des
forces islamistes fondamentalistes sur le pouvoir en Iran en 1979. La crise
révolutionnaire qui avait secoué la société a été résolue négativement et cette
résolution a amené trois décades de catastrophes pour la classe ouvrière et
pour le peuple d’Iran et elle a également eu un impact extraordinairement
négatif sur la tendance de la révolution au Moyen-Orient et ailleurs sur la
planète, tout en renforçant le courant contre-révolutionnaire. Il est vrai que
les communistes révolutionnaires iraniens étaient séparés et traversés par des
crises politiques et idéologiques, mais ils ont néanmoins héroïquement combattu
pour empêcher que la révolution n’avorte et ne soit transmutée en contre-révolution.
La bataille entre révolution et contre-révolution a fait rage dans les usines,
les universités, les campagnes, dans les conseils scolaires et hospitaliers et
sur les champs de bataille des guerres révolutionnaires.
La consolidation du système théocratique en Iran était, en fait, un épisode de la situation mondiale et de la domination sans partage de la contre-révolution.
Les soulèvements en Tunisie et en Égypte ont créé une nouvelle vague d’espoir dans le monde. La lutte dans ces pays peut atteindre de nouveaux sommets et amener le peuple révolutionnaire à une confrontation sérieuse avec la totalité des états dirigeants. Ces états sont dirigés par des classes exploitantes liées au système capitaliste mondial et qui assoient leur domination sur les forces de la loi et de l’ordre, telles la police et l’armée.
Face à ce nouveau chapitre de la lutte des classes, quelles sont les tâches des communistes dans ces pays et partout ailleurs ? Est-ce que cette nouvelle vague de lutte des classes pourra abattre les mouvements contre-révolutionnaires et anti-communistes des quatre dernières décades et placer la révolution comme but ultime des soulèvements des peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et de ceux à venir? Est-ce qu’elle pourra ouvrir l’esprit des personnes au communisme et à la révolution communiste comme unique moyen de se débarrasser des systèmes locaux réactionnaires et nuisibles ainsi que du système capitaliste mondial ?
Remettre
La révolution est un champ de luttes et de conflits entre différentes classes. Nous avons vu cela dans l’expérience iranienne et nous le voyons aujourd’hui en Tunisie et en Égypte et dans les autres pays où les peuples se soulèvent.
D’un côté, les centres de pouvoir mondiaux essaient d’apaiser et de satisfaire le peuple en lui faisant de pitoyables concessions ou, tout au plus, en changeant les Gardiens du système. De l’autre côté, il y a une opportunité et un potentiel extraordinaires de donner d’autres coups à ce système suranné et de finalement le réduire en pièces à l’aide d’une révolution authentique. Ce sont là deux voies radicalement différentes. Si la seconde voie l’emporte, le visage de cette région et celui du monde changeront à jamais en faveur des peuples de partout sur Terre. Mais, pour s’assurer que l’on emprunte cette voie, des millions de personnes devront apprendre ce qu’est une vraie révolution, ce que sera la société désirée et dont ils ont besoin et ils devront découvrir quelle classe, quel leadership pourra les y mener. Si les millions ne prennent pas conscience de ce qu’il faut faire et s’ils ne s’organisent pas en conséquence, les ennemis continueront de leur vendre n’importe quoi sous la bannière douteuse de la « révolution ». C’est ce qui est arrivé en Iran en 1979 et, conséquemment, la situation est demeurée fondamentalement inchangée et a même empiré. Si le peuple n’a pas de mouvement communiste révolutionnaire qui pourrait faire avancer la réponse pour "ce que nous voulons" de la position du prolétariat, des opprimés et des exploités de la société, si le peuple n’a pas de mouvement communiste révolutionnaire pour mener le combat à se battre pour cet objectif, les classes réactionnaires et leurs représentants imposeront leur propre programme aux masses et leur diront « ce qu’elles doivent vouloir ».
La mise en pièces de la totalité des structures politiques dirigeantes par un peuple révolutionnaire conscientisé, la mise sur pied d’un nouvel état désirant et pouvant enlever le pouvoir aux capitalistes, aux grands propriétaires fonciers et aux impérialistes, d’un nouvel état qui continuera à effacer les différences de classe et qui abolira toutes les relations sociales oppressives - tout cela est un processus difficile et sanglant qui serait impossible à accomplir sans un parti révolutionnaire (un parti communiste) et des forces armées formées par le peuple pour le peuple.
Mais comment entreprendre un tel processus ? Un nouveau mouvement communiste dont l’essentiel du programme est de mener une révolution authentique émergera-t-il de ces grands mouvements ? Telles sont les questions urgentes auxquelles les révolutionnaires de ces pays peuvent et doivent répondre.
Les manœuvres des différentes
forces politiques et sociales voulant fixer les résultats de la lutte
Lorsqu’il est devenu
certain pour les puissances impérialistes qu’elles ne pouvaient plus sauver
leurs clients Ben Ali et Moubarak, celles-ci ont soudainement commencé à soutenir
les « peuples » tunisien et égyptien afin d’être en mesure de
circonscrire la crise politique à ces pays et de prendre le contrôle et de
mener la « transition » vers un nouveau régime. Obama a exprimé sa
joie suite à la chute de Moubarak. Sarkozy a annoncé son intention de
« toujours » maintenir
En Tunisie, les restes du régime Ben Ali essaient de garder leur poste. En Égypte, l’armée, qui était le pilier du régime de Moubarak essaie de maintenir en place le système de Moubarak sans ce dernier. Au cours des trente dernières années, cette armée s’est préoccupée de préserver l’existence d’Israël, de réprimer le peuple égyptien et d’ouvrir la voie au néolibéralisme économique délirant qui a mené à la fois à un accroissement sans précédent de la pauvreté et du chômage et à l’accroissement incroyable de la richesse des capitalistes liés à l’état.
D’autres forces sociales réactionnaires tels les Frères musulmans essaient également de profiter du mouvement du peuple en concluant de nouveaux accords avec les factions dominantes des classes dirigeantes. Il est vrai que la force et l’influence des fondamentalistes islamistes en Égypte n’est pas celle des fondamentalistes islamistes en Iran durant la révolution de 1979. Mais ces réactionnaires peuvent conclurent un accord avec les impérialistes et Israël - qui essaie désespéramment de maintenir la « stabilité » en Égypte et de prévenir la propagation de l’incendie aux autres pays de la région - et ainsi surgir du fond de leur nécropole historique et devenir les maîtres de la population. Les puissances américaine et européennes sont en négociation avec les chefs de ce parti et ils leur offrent de prendre part au gouvernement en échange d’une « diminution » de leur islamisme qui les verrait émuler l'AKP (Parti de la justice et du développement) turque. Du point de vue des impérialistes, cette « diminution » ne concerne pas le programme social des Frères musulmans, mais bien, plutôt, l’acceptation de deux choses. Premièrement, la reconnaissance des accords de Camp David avec Israël qui garantie le statut actuel du Canal de Suez - deux pivots de la dépendance politique et militaire de l’Égypte envers le système impérialiste mondial. Deuxièmement, ne pas faire obstacle aux capitaux étrangers dans les différents secteurs de la production et du tourisme, soit les chaînes qui attachent l’Égypte au système capitaliste mondial.
Les événements en Égypte montrent qu’il est absolument nécessaire, pour prévenir la destruction d’un mouvement populaire ayant le potentiel de mener à une révolution authentique, de critiquer la religion en tant que structure d’oppression et d’exploitation et de populariser cette critique. Pour combattre l’ancien système, il faut défier le programme politique, économique et idéologique des Frères musulmans et des autres structures politiques islamiques au Moyen-Orient (comme les meneurs du Mouvement vert en Iran, du Hamas en Palestine et du Hezbollah au Liban etc.) Aujourd’hui, nous pouvons voir, chez les jeunes militants des pays arabes, cette conscience poindre et il est significatif que des mouvements de femmes en Tunisie aient demandé la séparation de la religion et de l’état.
Il est très important de connaître les moyens complexes que les impérialistes et les ennemis de classe utilisent. Les impérialistes et les classes dirigeantes réactionnaires du tiers-monde sont des habitués lorsque vient le temps d’empêcher les mouvements populaires de remporter la victoire. Quand et où ils ne peuvent réprimer ces mouvements, ils mettent de l’avant différentes combinaisons de forces de la vieille garde au nom du « changement » et ils ramènent graduellement la situation ancienne. Ils font aussi appel à l’aide des forces politiques bourgeoises qui, sous le régime antérieur, étaient dans « l’opposition ». Parfois, même les forces révolutionnaires qui ont combattu durant plusieurs années pour le renversement d’états réactionnaires et qui ont fait d’immenses sacrifices tombent dans le piège de la supposée « solution démocratique » et, ce faisant, légitiment le processus réactionnaire et impérialiste de « transition » et aident ainsi à réparer l’ordre ancien qui avait été abattu.
Souvenons-nous du processus que les forces des classes bourgeoises et impérialistes locales ont mis en place aux Philippines dans les années 80 ainsi qu’en Indonésie dans les années 90. Aux Philippines, Marcos, haï de tous et, en Indonésie, Suharto, tout aussi détesté, ont été renversés. Ces deux hommes étaient à la tête de deux régimes sanglants, corrompus et réactionnaires qui, de plus, étaient à la solde de l’impérialisme. Les masses populaires - les travailleurs, les paysans et les intellectuels - se sont soulevés contre ces tyrans. Cependant, les forces réactionnaires et bourgeoises qui s’opposaient également au régime ont sauté dans la mêlée politique et ont conclu une entente avec les impérialistes, gagnant une part du pouvoir politique qui, en retour, a été utilisé pour induire une « transition » en faveur des impérialistes et des grands capitalistes et propriétaires fonciers de ces pays. La révolution iranienne a aussi sombré dans une horrible contre-révolution à cause de la coopération des impérialistes, des fondamentalistes islamistes et des forces bourgeoises nationalistes.
Si, en 1979, les
travailleurs, les paysans, les femmes, les jeunes et les intellectuels de
l’Iran avaient eu un parti tel que le Parti Bolchévique mené par Lénine (durant
Les dernières années ont également eu leur lot d’expériences amères. Au Népal, les forces révolutionnaires, sous la bannière du Parti Communiste népalais (maoïste), ont mené dix années de guerres populaires inspirantes depuis 1996. Mais, après avoir renversé la monarchie, elles ont conclu un accord avec les forces impérialistes, réactionnaires et bourgeoises du Népal et elles ont participé au jeu politique. Elles ont, de cette manière, contribué à rétablir l’ancien système, mais sous un autre nom, celui de « République ». La situation des masses népalaises qui ont fait de grands sacrifices durant dix ans n’a pas changé et ce pays reste aujourd’hui aux mains du système capitaliste mondial et des classes capitalistes et propriétaires locales, tout comme les autres pays de la région.
Ces expériences montrent que toutes les « voies mitoyennes » mènent nécessairement au rétablissement de l’ordre ancien sous de nouveaux noms. Les pays du Moyen-Orient ont assez fait l’expérience des « voies mitoyennes ». Il est maintenant temps de mettre la révolution - la vraie - au centre de la scène de cette région.
Les expériences
euphoriques de révolutions victorieuses n’ont pas de frontières, pas plus que
les expériences amères des révolutions écrasées. Elles sont des expériences
internationales parce que les classes prolétaires et bourgeoises sont
elles-mêmes internationales. Il n’y a pas de raisons de refaire l’expérience
des défaites. Aujourd’hui, les peuples de la région observent
Les illusions de la classe moyenne
Les tendances et les perspectives des choses des classes moyennes constituent toujours un grand poids sur les mouvements sociaux. Ces classes tendent généralement vers des « solutions » moyennes. Elles s’opposent au renversement révolutionnaire de la totalité de l’état et veulent circonscrire les mouvements à la seule « réforme » des structures politiques d’un système inchangé. Elles craignent une radicalisation des mouvements populaires ainsi que l’émergence d’un leadership communiste. La domination d’une idéologie contre-révolutionnaire partout sur Terre a, depuis 40 ans, grandement renforcé ces tendances. Les puissances impérialistes voient cela d’un bon œil et elles ont contribué au développement de ces tendances. Les offensives idéologiques anti-communistes menées par les impérialistes et leurs serviteurs intellectuels se sont intensifiées et elles ont aidé à répandre l’idée réactionnaire et impérialiste de « mort du communisme ».
Aujourd’hui, bien que le capitalisme ait révélé tous ses visages honnis, particulièrement sous guise de mondialisation néolibérale ; bien que le fondamentalisme islamiste ait dévoilé ces intentions haineuses et bien que les forces nationalistes aient fait la démonstration de leur incapacité à mener à bien le moindre changement en faveur des masses opprimées et exploitées, tous continuent de crier sur tous les toits la « mort du communisme ».
Les représentants
politiques de la classe moyenne vont, tôt au tard, toujours s’allier aux partis
politiques réactionnaires au pouvoir et aux impérialistes. Et, ce faisant, ils
vont toujours argumenter : « nous n’avons pas le choix en ce
moment. » Un exemple est le « Mouvement vert » en Iran,
mouvement qui est apparu en 2009 dans la foulée des fraudes électorales
perpétrées par la bande au pouvoir d’Ahmadinejad contre le soi-disant mouvement
de « réforme » de
Les tendances politiques qui ne sont qu’un concentré des sentiments et de la vision des classes moyennes essaient consciemment de limiter les révolutions à la seule chute des « dictateurs ». Mais l’on devrait pourtant s’interroger : des dictateurs comme le Shah, Marcos, Suharto et d’autres n’ont-ils pas été renversés ? Oui, mais leur système et les classes sociales de l’état leur ont survécu ! Renverser ces « dictateurs » est très important parce qu’ils sont l’incarnation concentrée du système dirigeant. Mais ils ne sont pas le système dans son ensemble. Si leur système et structure de l'Etat restent intactes, un autre dictateur viendra tôt au tard. On ne devrait pas réduire la « tyrannie » aux seuls individus despotiques qui ne sont que le symbole de ce système. La totalité de ces systèmes constitue la tyrannie des classes capitalistes. Et leurs états ne sont que des états où règne la tyrannie des classes dirigeantes sur les classes prolétariennes, paysannes et autres.
De nos jours, dans la plupart des pays du monde, l’absence d’un pôle communiste révolutionnaire à l’intérieur des soulèvements sociaux constitue le plus important obstacle sur la route devant mener à la transformation de ces soulèvements en véritables mouvements révolutionnaires. Cet obstacle ne peut être surmonté en adoptant des « solutions » moyennes. Même à l’échelle « tactique », la meilleure solution à ce problème est de développer un pôle communiste au cœur des soulèvements actuels. Il ne faut pas remettre cette tâche à un moment « plus favorable et ultérieur ».
Un mouvement
communiste, une nécessité urgente
Aujourd’hui, les impérialistes et un spectre de différentes forces de classe essaient d’empêcher la transformation de la crise politique actuelle au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en une crise révolutionnaire. Qu’est-ce que notre classe - le prolétariat - fera ?
La tâche la plus importante et la plus urgente du prolétariat est de proposer ses solutions communistes et d’ouvrir la voie.
Depuis plusieurs décennies, les forces communistes du Moyen-Orient ont, la plupart du temps, essayé de gagner l’appui des masses en étant démocrate et non pas en propageant audacieusement les théories et politiques communistes et en bâtissant des points d’appui communistes parmi les travailleurs, les masses urbaines et rurales, les femmes opprimées, les jeunes rebelles et les étudiants militants. C’est pourquoi nous pouvons affirmer que, la plupart du temps, nous communistes n’avons pas été communistes. En revanche, les fondamentalistes islamistes, dont la conception de la société est réactionnaire et sombre, ont, eux, propagé avec passion leur idéologie et leurs valeurs sociales. Bien sûr, il faut garder à l’esprit que, la plupart du temps, les fondamentalistes ont eu le soutien des impérialistes et d’Israël tandis que les communistes ont toujours dû travailler dans la clandestinité tout en étant pourchassé. Néanmoins, nous ne devons pas oublier une vérité historique : les forces communistes sont devenus un pôle social important et elles ont pris racine parmi les opprimés et les exploités de la classe ouvrière seulement quand elles n’ont pas caché leurs idées et qu’elles ont audacieusement mis cartes sur table quant à leur programmes sociaux et à leur stratégie politique pour s’emparer du pouvoir. Et qu’elles ont travaillé fort pour cela. Les masses opprimées et exploitées nous jugent - nous, communistes - selon nos idées, nos programmes visant à bâtir une société et un monde meilleur et non selon notre « démocratisme» et notre compassion envers leur gagne-pain. La présentation et la propagation de notre point de vue communiste, notre programme, et du chemin que nous comptons suivre n’est pas une tâche pour l’avenir. C’est une tâche cruciale et urgente pour ouvrir une voie différente de celles proposées par les impérialistes, les réactionnaires et les forces bourgeoises.
Les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont subi des formes les plus cruelles de colonialisme et d’impérialisme ; ils ont connu la faillite du nationalisme sous toutes ses formes : Mossadeghisme, nassérisme, baasisme et Arafatisme ; ils ont fait l’expérience du fondamentalisme islamiste qui a usurpé les mouvements anti-impérialistes de la région et qui a ensuite servi au peuple une culture et des relations sociales réactionnaires et moyenâgeuses au nom du « chemin de l’émancipation ».
La vérité la plus éclatante que démontre le Moyen-Orient depuis plusieurs décennies est que sans un mouvement communiste, sans la présence d’un pôle communiste au sein de la société, les masses populaires ne peuvent développer la conscience nécessaire pour savoir pourquoi le système politique et socioéconomique du capitalisme (que ce soit sous la forme d’une république séculaire, d’une monarchie, d’un régime militaire ou islamique) commet des crimes sans nombre. Elles ne peuvent, non plus, comprendre la signification d’un nouvel ordre social. De plus, sans la conscience nécessaire, elles ne peuvent évaluer la véritable nature des forces politiques actives, de leurs énoncés et de leurs promesses. Sans un mouvement communiste (et nous entendons ici un mouvement communiste révolutionnaire qui se tient debout face au système dirigeant et non les soi-disant partis communistes qui ne sont que des éléments du système) les masses populaires ne seront jamais capables d’envisager un système politique et socioéconomique radicalement différent. Elles ne seront jamais capables de connaître la véritable histoire des révolutions socialistes du vingtième siècle en Russie et en Chine ainsi que les transformations incroyables qu’elles ont causé.
Pour qu’il y ait
révolution, il doit y avoir un parti révolutionnaire
Pour mener la lutte pour la révolution, il doit y avoir un centre politique, mais pas n’importe lequel. Il doit y avoir un centre avec un programme révolutionnaire - un centre qui fasse les démarches nécessaires d'aujourd'hui pour faire la révolution. Le prolétariat et les masses opprimées et exploitées ne peuvent arpenter le chemin tortueux de la révolution sans leur propre leadership politique et un parti politique pour ce faire. Ils ne peuvent jamais voir et analyser les intérêts de classe sous-jacents aux fourbes promesses et aux énoncés trompeurs des partis politiques existants en se fiant uniquement à leurs intuitions. Un parti communiste n’est pas une secte ou un simple regroupement politique. C’est une vision du monde, un programme sociopolitique. C’est une voie.
Un parti communiste est le parti d’une classe. Le prolétariat est la classe dont dépend le fonctionnement de nos sociétés oppressives pour le travail. Et le prolétariat lui-même est victime du fonctionnement de ce système.
C’est pourquoi le prolétariat n’a, en renversant complètement ce système, rien d’autre à perdre que ses chaînes. Mais les membres individuels du prolétariat n’ont pas conscience de cette vérité. Plusieurs d’entre eux ont tendance à se réfugier sous l’aile des partis bourgeois. Nous devons êtres honnêtes et francs avec les masses populaires. Nous devrions leur montrer leurs illusions et leur indiquer qu’un faible niveau de conscientisation pousse toujours le peuple à aider, honnêtement et innocemment, ses propres ennemis.
Conscientiser les opprimés et les exploités et les organiser afin de mettre en œuvre la révolution prolétarienne est la tâche des partis prolétaires.
De plus, une révolution prolétaire ne peut obtenir la victoire sans un large front, une union de toutes les classes et strates mécontentes. Tous ceux qui sont dégoûtés par ce système peuvent trouver une place sous la bannière de la révolution prolétarienne et s’unir avec ce dernier sans devenir eux-mêmes des communistes. À la place du prolétariat qui s’unit aux programmes démocratiques bourgeois et aux autres courants de mécontents, il faudrait que tous ces gens s’unissent pour un programme de Nouvelle Révolution Démocratique. Oui, il faut un front! Mais il faut que la stratégie politique fédérant ce front soit claire, tout comme la voie qui sera empruntée et le but, le programme social qui sera mis de l’avant. En d’autres mots : quelle classe fédérera ce front ?
Allons à l’encontre de la vague anti-communiste et antiparti communiste qui domine actuellement le monde. Mettons l’accent sur le fait que les masses populaires ont besoin d’un leadership communiste. Parce que seuls les communistes proposent la vraie solution qui émancipera les masses. Arrachons la cage que les impérialistes et les réactionnaires ont mis sur les rêves de libération du peuple et annihilons les arguments vides de sens tels : étape par étape, après un changement démocratique, après avoir renversé les dictateurs, etc.
Aujourd’hui, les communistes révolutionnaires des pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord sont faibles et en minorité. Cependant, si ces petites forces font une synthèse correcte des expériences des révolutions socialistes en Russie et en Chine au cours du vingtième siècle et, faisant le bilan des réussites extraordinaires aussi bien que des faiblesses importantes de ces révolutions, en arrivent à une compréhension plus étoffée de la nature et des configurations des sociétés socialistes à venir et des états de la dictature prolétarienne tout en analysant les changements qui se sont produits au sein des structures socioéconomiques des différentes sociétés dans la région et qu’ils utilisent ces analyses pour concevoir une stratégie révolutionnaire gagnante pour ces sociétés, alors, ces petites forces pourront grandement influencer la situation objective.
Notre tâche n’est pas déterminée par la situation existante. Toute situation est pleine de contradictions et peut changer grâce à l’action révolutionnaire. D’audacieuses initiatives par les forces communistes révolutionnaires, en autant qu’elles soient fondées sur des dynamiques objectives en action, peuvent avoir un impact marqué sur et transformer la situation tout en changeant les configurations de la scène politique en faveur d’une authentique révolution.
Il est clair que les révolutionnaires ne peuvent mener la révolution comme ils l’entendent en se fondant sur la seule volonté. Mais il est également clair que, étant donné le contexte idéologique actuel, contexte résultant de plusieurs décennies de campagnes internationales annonçant la « mort du communisme » et la « mort de la révolution », le principal danger n’est pas celui d’un excès de volontarisme révolutionnaire. Le « réalisme » est la nouvelle saveur du jour. Le report de la révolution et de la stratégie révolutionnaire aux calendes grecques est la façon de le faire. Cèder aux « réformes démocratiques » est la mode de la saison. Faire des concessions aux voix « démocratiques » et appeler les communistes au silence et à l’embourgeoisement démocratique est la chose à faire.
Mais les communistes ne peuvent ni ne doivent suivre cette mode parce que des millions de personnes sont entrées dans l’arène politique et sont à la recherche d’une voie. Elles sont à la recherche d’un futur signifiant, un futur que seul rendent possible les transformations révolutionnaires socialistes.
Au-delà des Révolutions Socialistes du 20ième siècle
Les communistes du monde
entier, de concert avec les communistes de Tunisie, d’Égypte, de Syrie, de
Palestine… ont l’obligation morale de faire savoir que le socialisme est un
million de fois mieux que le capitalisme et que le communisme, qui est le but
final et le cadre ultime du socialisme, est des centaines de fois mieux que le
socialisme. Les révolutions socialistes du vingtième siècle ont été de grands
triomphes pour l’émancipation de l’humanité. Sous le leadership des communistes
révolutionnaires et par la révolution socialiste,
Mais il faut aussi
reconnaître que ces pays socialistes n’ont pas été capables de vaincre
l’endurance et la régénération des rapports bourgeois, pas plus qu’ils n’ont pu
survivre face à l’encerclement par le système capitaliste mondial. Le
capitalisme a finalement été restauré dans ces pays et le socialisme enterré.
Quelle sorte de
Révolution sous quel type de leadership
Plusieurs jeunes militants des pays arabes ont, au cours des derniers mois, compris le fait que le système (constitué des institutions et des chefs politiques et économiques) ne changera pas ses manières exploitantes et oppressives. Ils se questionnent donc à propos de « ce qu’il faut faire ? ». La réponse devrait être fournie par les forces communistes de ces pays. Si ce problème n’est pas réglé, l’énergie et l’espoir des jeunes qui sont l’âme de ces soulèvements vont, tôt ou tard, disparaître. Et les gagnants de la « partie » seront, nécessairement, les forces des classes qui manient l’idéologie et le programme social de leur classe et qui organisent et mobilisent leur base sociale autour de cette idéologie et de ce programme social.
De l'autre côté, si la jeunesse révolutionnaire est mise en contact avec une conception communiste et en fait le cadre de leurs luttes, les mouvements de cette région connaîtraient un changement qualitatif significatif et de grandes opportunités révolutionnaires seraient à portée de main. Comment continuer la lutte ? Avec quels buts ? De quel type de révolution a-t-on besoin et qu’est-ce qu’un leadership révolutionnaire ? Comment dépêtrer ces sociétés de la toile de l’impérialisme et comment mettre sur pied un nouveau système politique, économique et social en tenant compte de l’encerclement par l’impérialisme mondial ?
Voilà les types de questions auxquelles tout parti révolutionnaire devrait répondre. Un parti ayant pour but de faire la révolution devrait analyser les limites et les illusions des mouvements actuels et enflammer l’ardeur des masses afin de les amener à défier la totalité du système. Et ainsi ouvrir la voie au développement et à la propagation d’une tendance communiste au sein de cette région.
De façon générale, on
pourrait dire que les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ont besoin
du type de révolution que Mao a nommé « Nouvelle Révolution
Démocratique ». C’est une révolution menée par le prolétariat et son parti
d’avant-garde. Elle rompt les chaînes du féodalisme et les liens unissant la
société au système capitalisme mondial et établit le socialisme. Cette
révolution met en œuvre une nouvelle politique démocratique, une nouvelle
économie démocratique et une nouvelle culture démocratique afin d'ouvrir la
voie à la création d'une société socialiste, une
société qui combat à l’aune du communisme mondial. Dans cette société, la
production se fera d’une manière telle qu’elle règlera les problèmes de
pauvreté et de divisions, pour le plus grand bien de centaines de millions de
travailleurs, de paysans, d’enseignants et de chômeurs. Elle ne sera plus au
service de l’accumulation de la richesse par les bandes de malfaiteurs qui
dirigent et par leurs aides. Dans notre société, l’oppression des paysans par
le propriétaire, des travailleurs par les capitalistes, des femmes par les
hommes et des petits pays par les grands, cette oppression disparaîtra. La
culture de soumission sera remplacée par une culture de la liberté d’expression
et de rébellion contre l’injustice et tout ce qui est réactionnaire. La
superstition sera remplacée par une conception scientifique et par la recherche
de la vérité et on utilisera ces forces pour changer le monde. Le but de cette
révolution n’est pas d’obtenir une égalité de droits à l’intérieur
de l’ordre impérialiste mondial, ce qui n’est de toute façon pas possible
pour les pays ayant des structures dépendantes et dominées. Le développement
économique mené par
L’économie pourra compter sur la mobilisation sociale et elle répandra les valeurs socialistes et internationalistes. Concrètement, tous les aspects du développement et de l’organisation économique ainsi que de l’organisation du travail seront déterminés selon un but simple : abolir les distinctions de classe, les relations de production exploitantes et les distinctions sociales comme l’oppression des femmes et des nationalités, de même que les développements régionaux inégaux.
De la possibilité d’une
Révolution
Ces petites forces qui ont
été capables de réveiller et d’organiser une section du peuple peuvent aussi
défaire les forces apparemment invincibles des états réactionnaires et des
puissances impérialistes, et mener la révolution à la victoire. Le
fonctionnement du système capitaliste intensifie ses contradictions et le
plonge dans de sévères crises. Une crise peut se répandre aux quatre coins de
Nous vivons à une époque pleine de défis. Le système capitaliste commet des crimes à une échelle inouïe et sa corruption se révèle chaque jour davantage. Le capitalisme balaie constamment les frontières et déplace de larges populations d’un coin à l’autre de la planète et les jette dans sa marmite bouillonnante. Où que soient les prolétariens - dans les cryptes de Dubaï, dans les ghettos américains ou dans les mines chinoises, dans les raffineries françaises ou dans les champs d’extraction pétrolière d’Ahwaz, de Lybie, d’Algérie, quelle que soit la nationalité nous sommes: bengalis, pakistanais, kurdes, palestiniens, égyptiens, kabyles, arabes, turcs ... nous ne sommes qu'une classe mondiale unique.
Nous sommes tous esclaves du système capitaliste mondial. Unissons-nous et mettons de l’avant le communisme et la révolution, mettons-les au cœur de cette région et soyons les messagers de l’émancipation de l’humanité. Célébrons le nouveau chapitre ayant été ouvert par les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord et couronnons ce chapitre du drapeau rouge de l’internationalisme prolétaire.
Parti Communiste d’Iran
(Marxiste-léniniste-Maoïste) - mai 2011